vendredi 20 novembre 2009

Les facteurs de pérennité des entreprises



Quand on monte sa boite, il peut être intéressant de s’interroger sur les principaux facteurs qui agissent sur la pérennité des entreprises.
Une étude récente de l’Observatoire de l’APCE traite de ce sujet :

Expliquer les raisons de la pérennité ou, à l’opposé, de la cessation d’activité n’est pas chose facile. De multiples causes peuvent venir expliquer ce phénomène. D’ailleurs, bien souvent, elles sont imbriquées.

Il est important de préciser que ce taux de pérennité prend en compte un certain nombre d’entreprises dont le dirigeant déclare dès le démarrage de l’activité que l’entreprise aura une durée de vie limitée (inférieure à 5 ans) : 11 % des créateurs étaient concernés en 2006.

Ainsi, si l’on ne tient pas compte de cette catégorie de créateurs, la pérennité à 5 ans des jeunes entreprises créées en 2002 s’élève à 56 % (alors qu’elle est de 51 % pour l’ensemble des entreprises). Une partie des entreprises cesse donc son activité en raison de la seule volonté planifiée du dirigeant.

Les barrières à l’entrée de l’activité


Les barrières à l’entrée de l’activité sont définies selon les facilités d’accès à certains secteurs d’activité. Ainsi, les secteurs pour lesquels les barrières sont importantes enregistrent une pérennité supérieure à ceux où elles sont peu importantes, voire inexistantes. Trois niveaux de barrières sont repérés :


  • Celui lié à une réglementation professionnelle complexe
Immobilier, transports par exemple, pour lesquels il est nécessaire de justifier d’une garantie financière suffisante pour des raisons d’honorabilité professionnelle ou de capacité financière, ou à l’obligation d’appartenir à un ordre (santé, activités juridiques, experts-comptables…). Ces secteurs enregistrent les taux de pérennité comptant parmi les plus élevés,

  • Celui lié à la maîtrise d’un métier technique

Ces métiers sont fréquemment appris par le biais d’un diplôme professionnel (CAP, BEP, bac professionnel ou technologique, BTS, DUT…). Ces diplômes apportent une formation spécifique et sont très généralement accompagnés d’une expérience professionnelle. On retrouve dans ces secteurs des activités le plus souvent artisanales telles que la construction ou les soins de beauté (coiffure et esthétique). La pérennité y est également élevée,
  • Celui des barrières peu contraignantes, voire inexistantes. 

On retrouve dans ces secteurs des activités telles que les services aux entreprises dits opérationnels (gardiennage, nettoyage des locaux…), les activités de type commerce et les hôtels, cafés et restaurants. Le taux de pérennité des activités de ce groupe est peu élevé, notamment en raison de la facilité d’accès à ces professions et donc de la concurrence qui y est accrue.

L’expérience antérieure du chef d’entreprise


L’expérience antérieure à la création d’entreprise peut être un atout pour la pérennité de l’entreprise. En effet, une connaissance de l’activité dans laquelle on crée ou encore une connaissance du monde entrepreneurial (notamment pour les personnes qui ont déjà créé ou repris une entreprise dans le passé) favorisent la pérennité.

La connaissance de l’activité et de l’entrepreneuriat favorisent l’appréhension du métier et de la sphère économique dans lesquelles évoluent les dirigeants.

L’ambition du projet


Avoir des projets ambitieux (disposer de capitaux importants au démarrage de l’activité ou employer des salariés dès le démarrage de l’activité) renvoie à une préparation inévitable, et souvent très minutieuse des projets. Cette préparation est certainement la raison d’une pérennité plus importante pour les entreprises ayant ces caractéristiques. 


En effet, le plus souvent, elle permet aux dirigeants d’intégrer les règles essentielles de la gestion pragmatique de l’entreprise dans le contexte environnemental qui est le leur (compétitivité, contexte réglementaire, organisation du travail, gestion des ressources humaines…).

Les appuis financiers ou conseils


Bénéficier d’un emprunt bancaire est un atout pour la pérennité de l’entreprise. Le filtre de la banque oblige le dirigeant à élaborer un plan d’affaires pour y accéder. Cela renvoie à la préparation minutieuse abordée dans le point précédent.

Être assisté par des personnes ou des organismes spécialisés lors de la mise en place du projet ou dans la direction de l’entreprise est également un atout pour la pérennité de l’entreprise. La combinaison de l’expérience et de l’appui d’experts permet également l’appréhension du métier et de la sphère économique.

Source :


« Cessation d’activité et pérennité des entreprises : définition et état des lieux », APCE, Observatoire de la création, octobre 2009, PDF, 12 pages

Voir également :


« Taux de pérennité à trois ans des créations pures de la génération 2002 », APCE. Taux de pérennité à trois ans des créations pures de la génération 2002, avril 2008.


Crédits photo : Grégoire Lannoy

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